Air France et Matthias Giroud : que valent vraiment ces nouveaux cocktails en vol ?
Selon Air France, la compagnie s’associe au chef mixologue Matthias Giroud pour lancer une nouvelle offre de cocktails dans toutes ses cabines long-courriers.

Deux créations sont annoncées: « Quintessence » et « L’instant Cassis ». Pour les amateurs de bar, l’enjeu est précis: juger si cette signature existe réellement dans le verre ou si elle reste un simple habillage de carte.
Une promesse, pas encore une fiche technique
Le dispositif est large: l’offre doit concerner toutes les cabines long-courriers d’Air France. C’est le seul périmètre clairement établi dans les éléments disponibles. La compagnie ne détaille ni la composition, ni le degré d’alcool, ni le profil aromatique des deux cocktails.
Impossible donc de parler de réaction de Maillard, de macération, d’oléosaccharum ou de lactofermentation. Ces procédés ne sont pas mentionnés. Toute description sensorielle serait spéculative.
Le nom « L’instant Cassis » suggère une construction autour du fruit, mais un nom ne suffit pas à déterminer l’équilibre d’une recette. Le cassis peut apporter acidité, sucrosité, tanin et astringence. Sans dosage ni méthode d’extraction, on ne sait pas si le résultat vise la tension, la rondeur ou une finale plus sèche.
Même constat pour « Quintessence ». Le terme annonce une sélection, pas une architecture gustative. Il ne permet pas d’identifier la base spiritueuse, le niveau de dilution ou la place éventuelle de l’amertume.
Le vrai test: la stabilité en cabine
Un cocktail de compagnie aérienne ne se juge pas comme un verre préparé dans un bar spécialisé. La contrainte principale est la reproductibilité. La recette doit conserver son équilibre malgré un service déployé dans toutes les cabines long-courriers.
Trois points méritent d’être vérifiés à la dégustation: l’intensité aromatique, la dilution et la persistance. Un cocktail trop sucré devient vite lourd. Une acidité trop faible laisse l’alcool dominer. Une dilution excessive efface les notes secondaires. Dans les trois cas, la signature du mixologue disparaît.
La carte courte reste souvent un avantage technique. Le Fat Cat, bar à cocktails toulousain, a choisi six créations saisonnières, dont une revisite épicée du Bloody Mary. Cette comparaison ne permet pas d’évaluer les cocktails d’Air France, mais elle rappelle une règle de bar nette: réduire le nombre de références facilite le contrôle des recettes et donne davantage de lisibilité au client.
Le Bloody Mary du Fat Cat associe vodka, tomates cerises, miel, citron et sriracha. Cette composition est documentée; elle ne doit pas être attribuée à Air France. Elle montre simplement ce qu’une recette lisible permet d’analyser: une base, une acidité, une sucrosité, une composante épicée et une finale longue.
Ce qu’il faudra contrôler au verre
Pour l’offre Air France, le point à vérifier est donc moins le prestige du nom que l’exécution. Le passager devra observer la présence réelle des deux créations dans sa cabine, leur mode de service et leur équilibre en bouche. Les informations disponibles ne permettent pas encore d’aller plus loin.
Verdict provisoire: annonce structurée, mais dégustation impossible à commenter sans composition détaillée. Matthias Giroud apporte une signature identifiable sur le papier. La preuve devra se trouver dans la précision du dosage, la dilution et la tenue aromatique du cocktail.