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Blessing Bashorun : transformer la restauration par la rigueur managériale et l'innovation

Vanguard News publie un portrait de Blessing Bashorun qui pointe un déséquilibre structurel: la cuisine s'enseigne comme technique, trop rarement comme système de gestion.

Blessing Bashorun : transformer la restauration par la rigueur managériale et l'innovation

Nutritionniste certifiée, responsable sécurité alimentaire, docteure en sciences humaines de l'université Prowess (Delaware), cette dirigeante pilote au Nigeria Cabbilicious Foods et l'école Cabbilicious Culinary School. Sa trajectoire intéresse directement la scène afro-fusion parisienne, soucieuse de structurer ses coûts sans sacrifier l'assiette.

Le profil d'une manageuse avant d'être celui d'une cuisinière

La chaîne de compétences alignée par Bashorun sort du cadre habituel. Bachelor en sciences de l'environnement, diplôme en alimentation et nutrition, certification Highfield Level 3 en sécurité alimentaire au London Professional Training Centre, programme avancé de gestion événementielle à la Lagos Business School. À la lecture du portrait, la technique en cuisine n'occupe qu'un segment de l'activité.

Cabbilicious Foods approvisionne en cuisine africaine, continentale et orientale des entreprises, institutions gouvernementales, organisations de développement, banques et clients privés. S'y greffent la restauration d'événements haut de gamme, la restauration d'entreprise et industrielle, la direction de la restauration exécutive, le conseil en nutrition et la formation hôtelière. La cuisine devient un département de services. Cette décomposition redistribue les priorités: constance, sécurité sanitaire et coût matière passent avant la performance pure en passe.

L'école comme extension directe de l'exploitation

La même dirigeante pilote Cabbilicious Culinary School, dont le curriculum mêle arts culinaires, food costing, menu engineering, sécurité alimentaire, opérations de cuisine et gestion d'entreprise. Le mot school n'est pas anodin: il s'agit de structurer un métier, pas seulement de former des cuisiniers. Le portrait précise que la pédagogie cherche à hisser la cuisine au rang de discipline professionnelle, transmission de recettes mise à part.

Cette orientation rejoint un débat que la scène afro-fusion parisienne connaît de l'intérieur. La transmission orale plafonne dès qu'il s'agit de monter en gamme. Bashorun formalise ce que beaucoup laissent à l'instinct: gestion du risque sanitaire, rentabilité par plat, ingénierie de menu cessent d'être des à-côtés. Le verdict est méthodique: derrière chaque service cohérent, il y a des chiffres qui tiennent debout.

Ce qu'il reste à vérifier dans l'assiette

Le portrait de Vanguard News reste à distance du geste culinaire. Aucune recette, aucune description d'assiette, aucun récit de service. Ce qui est posé, c'est un système. Pour une lectrice ou un lecteur parisien qui tient une table afro-fusion, l'enseignement se réduit à une question de méthode: qui pilote la cuisine comme une entreprise, et qui la pilote comme un atelier d'auteur? Bashorun a choisi le premier terme. L'exécution, elle, reste à goûter.