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FESMA à Lomé : comment le Togo transforme son agriculture en moteur gastronomique

La cinquième édition du Festival La Marmite (FESMA) a ouvert ses portes à Lomé le 12 août, rapportent nos confrères de Togo First.

FESMA à Lomé : comment le Togo transforme son agriculture en moteur gastronomique

Une centaine d'exposants et d'entreprises de la filière alimentaire se retrouvent jusqu'au 16 août sur l'esplanade du Palais des Congrès, avec un objectif chiffré: transformer le potentiel agricole togolais en chaîne de valeur traçable — un sujet qui parle directement aux cuisines afro-fusion de la diaspora, soucieuses de sécuriser leurs approvisionnements en produits locaux.

Le pari de la valeur ajoutée

L'événement positionne la gastronomie comme un levier économique, pas seulement comme un patrimoine à célébrer. Producteurs, transformateurs, restaurateurs, artisans et logisticiens se croisent sur un même site — une concentration rare qui permet, en théorie, de raccourcir les intermédiaires et de tester de nouveaux modèles de distribution. Le commissaire général Jean-Paul Agbo-Ahouélété assume la ligne: il s'agit de « promouvoir l'expertise culinaire africaine et de valoriser nos produits locaux ». Pour un opérateur parisien qui cherche à sourcer directement auprès de coopératives togolaises, ce type de salon sert de point d'entrée pour identifier des partenaires etbenchmarker les coûts — à condition que la logistique suive.

Ce que le secteur doit corriger

Le discours du président de la CCI-Togo, José Kwassi Syménouh, pose le vrai diagnostic. Son message — « le Made in Togo doit dépasser le simple fait de consommer local » — cible quatre obstacles structurels: qualité, présentation, packaging, certification. Tant que ces quatre verrous ne sautent pas, les produits locaux restent cantonnés au circuit court domestique et captent peu de valeur à l'export. La Chine, invitée d'honneur de cette édition, n'est pas un choix neutre: elle ouvre une fenêtre sur l'industrialisation à grande échelle et sur les standards d'export qu'impose le marché asiatique. Dix projets d'innovation alimentaire passeront devant un panel d'experts — le ratio indique une sélection serrée, probablement orientée vers les initiatives à fort potentiel de scalabilité plutôt que vers les concepts embryonnaires.

Ce qu'il faut suivre d'ici la fin du festival

Trois signaux forts émergent du programme. D'abord, le concours culinaire à sept pays: un test grandeur nature pour évaluer la compétitivité des savoir-faire togolais face à des productions régionales mieux outillées. Ensuite, la journée dédiée à la culture et à la gastronomie chinoises le 14 août, qui dessine un axe de coopération économique bilatéral — utile à surveiller pour quiconque importe des produits asiatiques transformés. Enfin, le classement Doing Business 2020 qui place le Togo 15e mondial et premier africain sur l'indicateur « Starting a Business »: ce capital réglementaire reste un atout sous-exploité si les formalités d'export pour les PME alimentaires ne suivent pas la même courbe. Pour les restaurateurs afro-fusion de la capitale, la question opérationnelle reste entière: qui, côté togolais, sera capable d'ici la prochaine édition de livrer un produit certifié, conditionné, tracé — et à quel seuil de rentabilité?