Las Gidi : l'effervescence de la cuisine afro-fusion s'installe à Norwich
Mais selon Yahoo News UK, l'adresse à surveiller cette semaine n'est pas dans le 11e — elle débarque à Norwich, où Las Gidi, Afro-lounge nommé d'après l'argotique de Lagos, ouvre ses portes samedi 22…

Sur le terrain parisien, on connaît la séquence par cœur: terrasse saturée, playlist afrobeats, carte qui pioche du Nigeria à l'Afrique du Sud. Mais selon Yahoo News UK, l'adresse à surveiller cette semaine n'est pas dans le 11e — elle débarque à Norwich, où Las Gidi, Afro-lounge nommé d'après l'argotique de Lagos, ouvre ses portes samedi 22 août au 114 Timberhill, dans l'ancienne coque du Silhouette restaurant and cocktail bar. Pour les habitués du sourcing afro-fusion, c'est un signal faible qui mérite qu'on s'y attarde.
L'adresse, le décor, le casting
Le lieu s'étale sur deux étages, balcon inclus, avec des espaces privatisables pour les groupes qui fuient les grandes salles communes. Rob Bradley, le centre manager de Castle Quarter, résume l'ambition: apporter quelque chose de vraiment différent à la scène food de Norwich. L'équipe — dont Charles Mokwe fait partie — génère dans la foulée une vingtaine de postes, salle et cuisine confondues. Pour un public parisien rodé aux ouvertures claquantes, la mécanique est familière: un emplacement laissé vacant, une signature identitaire forte, un lieu qui prend de la hauteur.
La carte, la philosophie, le pari
Au menu, petites assiettes et format tapas qui balaient l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique australe: Suya nigérian, Nyama Choma d'Afrique de l'Est, Boerewors sud-africain, Jollof, Egusi, plantains grillés. Charles Mokwe, directeur du projet, assume la ligne: « chaque plat raconte une histoire quelque part sur le continent, et nos cocktails ont été créés avec la même philosophie — s'inspirer des régions pour faire découvrir des saveurs qu'on n'a peut-être jamais goûtées ». Le format est pensé pour le partage, la tablée, la conversation; pas pour le convive isolé qui mange en regardant son téléphone.
Ce que ça dit aux opérateurs parisiens
Le mouvement que Paris observe depuis quelques saisons — Afro-lounges, pairings food-cocktails inspirés des diasporas — trouve son miroir dans une ville moyenne britannique. Norwich n'est pas Londres, et c'est précisément ce qui rend l'ouverture lisible: la demande existe hors des capitales, la formule tient sans le buzz des rooftops instagrammables. Pour les pros qui surveillent la prochaine tendance, le signal est net. L'Afro-fusion ne reste plus à quai des grandes métropoles européennes. Elle prend la route, et elle prend racine là où on ne l'attendait pas.