Stéphane Nema : le chef étoilé qui réinvente la gastronomie afro-fusion en Martinique
Selon St Martin Week, Stéphane Nema, 37 ans, quitte Dubaï et son étoile Michelin acquise en 2025 pour s’installer définitivement en Martinique.

Ce retour acte la fin d’un parcours international — Monaco, Paris, Moscou, Qatar — mais marque surtout le début d’un projet personnel: ouvrir sa propre table d’ici la fin de l’année. Pour la scène caribéenne et afro-fusion, c’est le signe d’un savoir-faire de haut niveau qui s’ancre désormais au plus près de ses racines.
Une méthode, pas seulement une distinction
L’étoile n’est pas un bagage qui se transporte. Ce que Nema ramène, c’est une discipline forgée dans des brigades exigeantes. Son passage sous Marcel Ravin à Monaco, puis sous Alain Ducasse au Plaza Athénée et chez Hélène Darroze, lui a inculqué une rigueur d’exécution et une organisation de cuisine de palaces. Son expérience à Dubaï, au Qatar et en Russie l’a confronté à des clientèles et des produits variés, l’obligeant à adapter sa technique sans la trahir. Il en revient avec une maîtrise des cuissons et du dressage qui va au-delà de la simple créativité.
L’identité caribéenne à l’épreuve du feu
Le défi n’est pas d’importer une cuisine dubaïote sous les cocotiers. Il s’agit de construire une carte cohérente avec son lieu. Son ambition: exprimer une vision personnelle, ce qui suppose de penser chaque assiette comme une synthèse entre son héritage martiniquais et la précision acquise à l’international. La question technique est de savoir comment transposer des techniques comme la réaction de Maillard sur des produits locaux, ou comment maîtriser la lactofermentation des fruits tropicaux avec la même constance que celle des légumes tempérés.
Un projet à surveiller
La création d’un restaurant personnel représente un test concret pour cette méthode de travail. Une carte taillée par un seul chef permet d’observer comment une identité culinaire lisible se construit, plat après plat. À suivre dans les mois à venir: la localisation, la structure du menu et, surtout, l’équilibre final entre rigueur technique et ancrage territorial.