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L'art de la haute pâtisserie glacée au Peninsula Paris

Selon Fresh Mag Paris, le Peninsula Paris sert jusqu’au 31 août 2026 une série de glaces conçues avec Pomellato autour de la collection Nudo.

L'art de la haute pâtisserie glacée au Peninsula Paris

Rhubarbe-concombre, bergamote-gingembre, amaretti: l’opération place la pâtisserie au centre d’un dispositif de luxe, avec dégustation sur place ou à emporter. Pour le mangeur, l’intérêt est simple: vérifier si la couleur survit au palais quand elle cesse d’être un argument de vitrine.

Le froid comme test de précision

Une glace ne tolère pas l’à-peu-près. Le froid amortit le sucre, ralentit les arômes et peut durcir l’acidité. L’association rhubarbe-concombre annonce une ligne végétale et acidulée: elle devra éviter la dilution, défaut classique des compositions qui veulent paraître légères sans construire de relief.

Bergamote et gingembre posent un autre problème. L’agrume apporte ses huiles et son amertume; le gingembre, sa chaleur. Dans une matrice glacée, l’équilibre dépend de la netteté des dosages. Trop de bergamote, l’astringence prend le dessus. Trop de gingembre, le parfum devient démonstratif. La glace à l’amaretti, annoncée comme un rappel des origines milanaises de Pomellato, devrait jouer une partition plus sèche, entre biscuit et noyau d’amande.

Anne Coruble signe ces créations en transposant les teintes de la ligne Nudo en saveurs. C’est le point technique à juger: non pas l’idée de la correspondance, mais sa traduction. Une palette n’est pas une recette. Le goût doit conserver une architecture après la fonte.

La gastronomie comme prolongement de marque

Les glaces sont proposées du lundi au samedi, de 13 heures à 19 heures, au Peninsula Paris, avenue Kléber. Elles sont servies dans de la vaisselle Ginori 1735 et accompagnées d’une boutique éphémère Pomellato au sein de l’hôtel. Le cadre est cohérent: bijou, table et objet se répondent dans une même grammaire visuelle.

Cette mécanique se retrouve dans le panorama des adresses gastronomiques parisiennes récemment mis en avant par Sortir à Paris: l’offre oscille entre nouvelles tables, classiques français, terrasses et restaurants d’hôtels. Mais l’accumulation d’adresses ne remplace pas le critère décisif: ce qui reste en bouche. Une expérience peut être parfaitement scénographiée et manquer de tension gustative.

Pour les cuisines africaines contemporaines, la leçon n’est pas d’imiter le luxe codifié. Elle est de protéger le produit et la technique. Une crème glacée au bissap, au gingembre frais, au tamarin ou à l’arachide n’a pas besoin d’un décor de collection si l’acidité est tenue, si le sucre ne masque pas la matière et si la texture ne cristallise pas.

À déguster sans se laisser guider par la couleur

Au Peninsula, il faut aborder ces glaces comme une dégustation courte, pas comme un accessoire de mode. Commencer par la texture: lisse ou granuleuse, dense ou vite aqueuse. Puis mesurer l’acidité, la persistance aromatique et la place réelle du sucre. Enfin, laisser fondre: c’est là que les parfums se séparent et que l’exécution apparaît.

Le verdict dépendra de cette fonte. Si rhubarbe, concombre, bergamote et gingembre restent lisibles sans se neutraliser, l’exercice tient. Si la couleur précède durablement le goût, la joaillerie aura gagné la table.