Marina Marville insuffle une nouvelle dynamique au salon SAGASDOM à Paris
Selon RCI, Marina Marville prend la direction du Salon de la Gastronomie des Outre-mer, succédant à sa fondatrice Babette de Rozières.

La 10e édition est annoncée à Paris du 2 au 4 octobre, avec une ambition affichée: faire du SAGASDOM une vitrine plus internationale des savoir-faire ultramarins. Pour les cuisines africaines, créoles et afro-fusion de la capitale, l’enjeu est concret: qui obtient l’espace, la démonstration et la visibilité.
Une transmission, puis un changement d’échelle
Babette de Rozières a créé le salon. Marina Marville, jusque-là sa collaboratrice, en prend désormais la pleine direction. Le changement ne porte pas seulement sur une signature: la nouvelle directrice dit vouloir renforcer la dimension internationale du rendez-vous.
Le SAGASDOM se présente comme un salon de la gastronomie des Outre-mer et des cuisines du monde. À Paris, cette ligne peut créer une scène utile pour les chefs créoles, les artisans et les producteurs, à condition de ne pas réduire les cuisines représentées à une simple séquence d’animation.
La cuisine afro-fusion a besoin d’un cadre précis. Un produit doit être identifié. Une technique doit être expliquée. Une assiette doit tenir au-delà du récit. Sans cela, l’acidité se perd, la cuisson s’aplatit, l’identité devient décorative.
Chefs, shows et exposition des techniques
RCI évoque trois jours d’animations, avec des artistes, des shows de cooking, un espace chef et la présence annoncée de chefs créoles partenaires. Des chefs étoilés doivent également challenger de jeunes cuisiniers. Marina Marville mentionne aussi des « chefs tatoués ».
Le programme donne au salon une mécanique de démonstration. C’est là que l’exécution comptera. Un show culinaire peut révéler une réaction de Maillard maîtrisée, une lactofermentation bien conduite ou le dosage net d’une astringence. Il peut aussi masquer les produits sous l’effet de scène. La différence se joue dans le geste et dans la dégustation.
Pour les professionnels afro-fusion, ce type de plateau peut servir à rendre lisibles des pratiques souvent mal nommées: cuisson longue, fumage, marinades, travail du piment, équilibre gras-acide. Pas besoin d’exotiser. Il faut montrer ce qui structure une recette.
La visibilité: le vrai point de cuisson
Marina Marville insiste sur le manque de visibilité des chefs, artisans, agriculteurs et producteurs ultramarins. C’est le diagnostic central. Un salon ne corrige pas ce déficit par l’affluence seule; il le corrige si les exposants sont sélectionnés, identifiés et replacés au centre de la chaîne alimentaire.
Les visiteurs devront donc regarder la composition réelle des stands, le rôle donné aux producteurs et la place accordée aux jeunes chefs face aux figures déjà installées. Les professionnels, eux, auront intérêt à vérifier si la promesse internationale s’accompagne d’occasions de montrer des produits et des techniques, pas seulement des images.
Verdict provisoire: la transmission est actée, l’ambition est annoncée. En octobre, le SAGASDOM devra prouver que sa nouvelle direction sait concentrer la lumière sur ce qui compte vraiment: les personnes, les matières premières et la précision dans l’assiette.